PEQ : une réouverture possible après le 12 avril 2026 ?
Le dossier du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) est au cœur de la politique québécoise en ce début d’avril 2026. Alors que des milliers de travailleurs temporaires et de diplômés étrangers attendent une issue à leur situation, la course à la chefferie de la CAQ — qui se conclut le 12 avril — pourrait changer la donne de façon significative.
Rappel : le PEQ aboli en novembre 2025
Le Programme de l’expérience québécoise a pris fin le 19 novembre 2025. Il n’est désormais plus possible de soumettre de nouvelles demandes dans aucun de ses deux volets. Les dossiers déjà déposés avant cette date continuent d’être traités par le MIFI.
Pour les candidats qui ne avaient pas encore soumis leur demande mais qui se qualifiaient pleinement, cette abolition représente une rupture de confiance majeure. On estime qu’entre 6 000 et 20 000 personnes par année étaient issues du PEQ, soit entre 2,5 % et 5,2 % de l’ensemble des immigrants temporaires présents au Québec.
Pour comprendre le fonctionnement du nouveau programme qui remplace le PEQ, consultez notre guide complet sur le PSTQ et la plateforme Arrima.
La CAQ divisée : Fréchette vs Drainville
Face à la pression croissante de la société civile, les deux candidats à la succession de François Legault ont dû se positionner sur le PEQ.
Christine Fréchette a opéré un virage marqué : elle propose de réactiver le PEQ pour une durée de deux ans afin d’offrir une clause de droits acquis aux immigrants présents au Québec au moment de la fermeture du programme. Durant cette période de transition, elle prévoit de réduire d’un nombre équivalent les invitations émises dans le cadre du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) afin de respecter les seuils d’immigration. Source : La Presse
Bernard Drainville adopte une approche plus restrictive : il propose une clause de droits acquis limitée aux immigrants présents depuis deux ans au Québec au moment de la fermeture du PEQ, qui démontrent un niveau intermédiaire de français et qui occupent des postes dans des secteurs prioritaires comme la santé, l’éducation, la construction ou le manufacturier spécialisé.
Que dit le gouvernement actuel ?
Le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, a été clair : le PEQ ne renaîtra pas avant la conclusion de la course à la chefferie. Des scénarios de transition seront préparés en vue de l’élection du nouveau chef, le 12 avril, qui deviendra automatiquement premier ministre du Québec. Source : Radio-Canada
M. Roberge maintient que réactiver le PEQ serait une erreur, estimant que le nouveau système — le PSTQ — est préférable, car il évite le traitement « premier arrivé, premier servi » qui aurait pu avantager des candidats moins qualifiés au détriment de travailleurs de la santé ou de l’éducation.
Un consensus historique pour le retour du PEQ
La pression exercée sur le gouvernement est sans précédent. Villes, syndicats et employeurs ont réclamé d’une même voix le rétablissement immédiat du programme, lors d’un front commun organisé par l’Union des municipalités du Québec (UMQ) en février 2026. Source : Le Devoir
Des manifestations ont eu lieu dans de nombreuses villes du Québec — Montréal, Québec, Sherbrooke, Rimouski, Saguenay, Gatineau — pour dénoncer l’abolition du programme et réclamer une clause de droits acquis.
Ce que vous devez faire maintenant
Que la situation évolue ou non après le 12 avril, voici les démarches à privilégier dès aujourd’hui.
1. Déclarer votre intérêt sur Arrima
Les personnes qui auraient pu se qualifier sous le PEQ peuvent déclarer leur intérêt à l’immigration permanente sur la plateforme Arrima. Si leur profil correspond aux critères recherchés par le Québec, elles pourraient recevoir une invitation dans le cadre du PSTQ. Notre guide Arrima vous explique comment optimiser votre déclaration d’intérêt.
2. Explorer les voies fédérales en parallèle
Le gel du PEQ ne ferme pas toutes les portes. Selon votre profil, des programmes fédéraux comme Entrée express ou la catégorie francophone peuvent offrir une voie vers la résidence permanente, indépendamment des décisions du MIFI. Consultez notre section services d’immigration pour en savoir plus.
3. Suivre l’évolution de la situation après le 12 avril
Le résultat de la course à la chefferie de la CAQ aura des répercussions directes sur la politique d’immigration du Québec. Revenez sur pro-immigration.ca pour suivre nos analyses dès l’annonce du nouveau premier ministre.
4. Consulter un conseiller réglementé en immigration
Face à l’incertitude, une évaluation personnalisée de votre dossier est essentielle. Les options disponibles varient selon votre profil, votre secteur d’emploi, votre niveau de français et votre ancienneté au Québec. En tant que cabinet accrédité par le Conseil de réglementation des consultants en immigration du Canada (CICC), Pro Immigration vous offre un accompagnement rigoureux et confidentiel.
Conclusion
Le sort du PEQ sera scellé — ou relancé — dans les prochains jours. Le 12 avril 2026 marquera un tournant : selon le nouveau chef de la CAQ qui accèdera au poste de premier ministre, des milliers de travailleurs étrangers sauront enfin s’ils pourront continuer leur projet de vie au Québec ou devront se tourner vers d’autres options.
Ne restez pas dans l’attente. Agissez maintenant pour protéger votre statut et explorer toutes les avenues disponibles.